Dans un contexte où les entreprises technologiques transforment les usages, une question est centrale : comment assurer des risques qui n’ont encore jamais été rencontrés ?
C’est précisément le sujet abordé par Guillaume, fondateur d’Onlynnov, lors de son intervention dans le podcast L’Envers du Risque, le podcast qui donne la parole aux courtiers qui ont choisi une niche, construit une expertise et redéfini leur métier (animé par Diane du Paty, cofondatrice & CEO de Panora).
À travers plusieurs exemples (véhicules autonomes, logiciels de santé, cybersécurité des Jeux olympiques, crypto et blockchain), Guillaume présente l’ADN du cabinet met en avant une réalité structurante : l’assurance doit évoluer au même rythme que l’innovation qu’elle accompagne.
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Les sujets abordés dans l'épisode du podcast
- Les risques liés à l’innovation sont de moins en moins standardisés ;
- Les frontières entre les catégories de risques deviennent floues ;
- La compréhension fine des métiers devient indispensable pour assurer correctement ;
- La relation de confiance entre les acteurs est un facteur clé ;
- L’assurance s’inscrit désormais au cœur de la stratégie des entreprises technologiques.
Pourquoi l’innovation bouscule les modèles traditionnels de l’assurance
Les entreprises technologiques évoluent dans un environnement marqué par une instabilité permanente :
- les produits et services évoluent en continu
- les usages ne sont pas encore stabilisés
- les risques sont souvent mal identifiés, voire inconnus
Dans ce contexte, les modèles classiques de l’assurance montrent leurs limites. Historiquement, les assureurs s’appuient sur des données passées pour anticiper les risques futurs. Or, dans l’univers technologique, le passé ne constitue plus un référentiel fiable.
Cette situation crée une tension structurelle entre deux dynamiques :
- des entreprises qui innovent rapidement et prennent des positions sur des marchés nouveaux
- des assureurs qui doivent rester prudents et maîtriser leur exposition au risque
Aujourd’hui, le rôle du courtier en assurance a évolué. Il ne s’agit plus seulement d’un intermédiaire, mais d’un acteur clé capable de faire le lien entre deux univers qui ne parlent pas le même langage. D’un côté, l’entreprise technologique, avec ses enjeux métier, ses produits et ses contraintes opérationnelles. De l’autre, l’assureur, qui raisonne en termes de probabilités, de sinistralité et de cadres contractuels.
Un point essentiel ressort de l’échange : la transparence est une condition indispensable. Il ne s’agit pas de minimiser les risques, mais de les exposer clairement, de les documenter et de démontrer leur niveau de maîtrise.
Assurer des risques sans historique : un changement de paradigme
L’un des enseignements majeurs du podcast est le suivant : l’assurance ne couvre plus uniquement des risques identifiés, elle doit désormais intégrer des scénarios inédits.
Le cas des véhicules autonomes
Les véhicules 100 % autonomes illustrent parfaitement cette évolution. Ils reposent sur des systèmes complexes, combinant programmation et intelligence artificielle, capables de prendre des décisions en temps réel.
Plusieurs questions émergent immédiatement :
- qui porte la responsabilité en cas d’accident ?
- comment évaluer le préjudice subi ?
- comment intégrer des risques liés à la cybersécurité dans un cadre traditionnellement automobile ?
Un exemple évoqué dans le podcast illustre cette complexité : celui d’un piratage permettant à un tiers de prendre le contrôle d’un véhicule à distance et de provoquer un accident. Dans ce type de situation, les catégories classiques ne suffisent plus. On est face à un risque hybride, à la croisée de plusieurs dimensions :
Technologique
Cyber
Physique
Juridique
Retrouvez l’épisode complet du podcast sur YouTube
Pour connaitre les enjeux et défis par lesquels est passé Guillaume Santiago dans la création de son entreprise et comment a-t-il pensé l’assurance spécialisée pour les entreprises de la tech, cliquez pour découvrir l’épisode complet.
Logiciels de santé et intelligence artificielle : des risques à fort enjeu
Les logiciels de santé utilisant l’intelligence artificielle constituent un autre exemple marquant, faisant partie de l’un des enjeux du secteur de la e-santé 2026. Certains outils permettent aujourd’hui de simuler des opérations chirurgicales ou d’assister les médecins dans la préparation d’interventions complexes.
Ces solutions présentent des caractéristiques spécifiques :
- elles ont un impact direct sur la santé des patients
- elles reposent sur des technologies avancées, parfois difficilement explicables
- elles introduisent une part d’incertitude liée à l’apprentissage des modèles
Le défi pour l’assurance est double : comprendre précisément le fonctionnement de ces technologies ET proposer un cadre de couverture adapté à des risques encore peu documentés.
À cela s’ajoute une difficulté organisationnelle : au sein des compagnies d’assurance, ces sujets relèvent souvent de plusieurs expertises distinctes (santé, logiciel, responsabilité), qui ne sont pas toujours conçues pour fonctionner ensemble.
Des assureurs entre intérêt et prudence face à l’innovation
Les assureurs se trouvent aujourd’hui dans une position d’équilibre délicate. Ils sont pleinement conscients que les technologies émergentes représentent les marchés de demain, mais leur modèle repose sur une logique de maîtrise du risque.
Ils doivent donc composer avec deux impératifs :
- ne pas passer à côté de l’innovation
- ne pas s’exposer à des risques mal évalués
Cette situation se traduit par :
- un intérêt croissant pour les entreprises technologiques
- une exigence élevée en matière de compréhension et de structuration des dossiers
Dans ce contexte, la qualité de la relation entre courtier et assureur devient déterminante. Elle repose sur la crédibilité, l’expérience et la capacité à instaurer une confiance dans la durée.
Au-delà de sa fonction de protection, l’assurance joue un rôle stratégique dans le développement des entreprises technologiques.
Elle permet notamment :
✅ de rassurer les clients et partenaires
✅ de sécuriser des contrats commerciaux
✅ de renforcer la crédibilité auprès des investisseurs
✅ de structurer la gouvernance des risques
Dans un environnement où les technologies sont omniprésentes mais où la tolérance au risque reste faible, l’assurance agit comme un tiers de confiance. Elle contribue à démontrer que l’entreprise est en mesure d’identifier, d’anticiper et de gérer les risques liés à son activité.