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Intelligence artificielle

IA et assurance : ce qui change pour le secteur et les entreprises

Publié le Mis à jour le
Guillaume Santiago, fondateur d’Onlynnov, présente l’IA et l’assurance sur BFM Business

Dans l’assurance comme dans le courtage, l’IA accélère la gestion des dossiers. Le conseil, lui, reste humain : un modèle peut se tromper sur des sujets techniques, et l’assurance en fait partie. Guillaume Santiago, fondateur d’Onlynnov, défend cette répartition des rôles sur BFM Business. Il explique aussi comment Onlynnov assure les entreprises qui développent ou utilisent de l’IA, et pourquoi les contrats doivent évoluer face au développement des agents autonomes.

Vous dirigez une entreprise tech qui développe ou utilise de l’IA ? Nous vous présentons, dans cet article, le résumé de l’échange diffusé le 22 octobre 2026 dans Tech&Co Lyon, et prolongeons l’analyse avec notre approche de l’assurance de l’intelligence artificielle.

L’intégralité de l’intervention de Guillaume Santiago dans Tech&Co Lyon (BFM Business, 22 octobre 2026, 27 min), avec Aurélien Couloumy (Dylogy) et Fabrice Pesin (Alptis), à retrouver sur la chaîne YouTube d’Onlynnov.
Guillaume Santiago, président et fondateur d’Onlynnov Guillaume SantiagoPrésident et fondateur d’Onlynnov

Courtier des entreprises technologiques

Fabrice Pesin, président du groupe AlptisFabrice PesinPrésident du groupe Alptis

Courtier grossiste en santé et prévoyance

Aurélien Couloumy, CEO et cofondateur de Dylogy Aurélien CouloumyCEO et cofondateur de Dylogy

Analyse documentaire par IA

Frédéric Simottel, journaliste chez BFM Frédéric SimottelJournaliste chez BFM

Rédacteur en chef de Tech&Co

Que change l’IA pour les métiers de l’assurance ?

L’IA transforme principalement le travail de gestion : elle analyse les justificatifs d’un sinistre ou lit des contrats de plusieurs dizaines de pages. Les équipes gagnent du temps pour le conseil, qui reste confié à des personnes.

Quelles tâches l’IA prend-elle en charge ?

L’IA prend en charge les tâches de gestion, c’est-à-dire l’instruction des dossiers et l’analyse des documents. Guillaume Santiago, président et fondateur du courtier Onlynnov, décrit l’usage qu’il en fait :

« On utilise beaucoup les IA dans nos processus, pour apporter de la fluidité de gestion et pour nous recentrer sur le conseil. »

Guillaume Santiago, président et fondateur d’Onlynnov, BFM Business, 22 octobre 2026 (12:02)

L’enquête de l’EIOPA, l’autorité européenne de supervision des assurances, publiée en février 2026 auprès de 347 organismes dans 25 pays, va dans le même sens : près des deux tiers des assureurs interrogés utilisent déjà l’IA générative. Parmi les cas d’usage recensés, 64 % concernent les processus internes et 36 % des applications tournées vers le client. L’IA entre donc d’abord par la gestion interne, avant la relation client.

Fabrice Pesin, président du groupe Alptis, courtier grossiste qui travaille avec plus de 8 000 courtiers de proximité, prend l’exemple du sinistre. Avec l’IA, « on peut analyser, aller chercher les bonnes données dans ces justificatifs, dans ces photos, dans ces attestations », avec « l’idée d’aller beaucoup plus vite dans la réponse qu’on va pouvoir donner à l’assuré » (08:50).

Aurélien Couloumy, cofondateur de Dylogy, start-up lyonnaise d’analyse documentaire qui travaille pour les acteurs de l’assurance et de la réassurance, applique la même logique aux contrats. Les traités, les contrats qui encadrent la réassurance (l’assurance souscrite par les assureurs eux-mêmes), peuvent faire « 50 à 150 pages ». Son outil les fait passer d’un traitement « de l’ordre de la demi-journée » à un traitement « de l’ordre de la dizaine de minutes », ce qui « laisse la place au détail » (04:09).

IA ou humain : qui fait quoi ?

Dans l’émission Tech&Co Lyon, Guillaume Santiago (Onlynnov), Fabrice Pesin (Alptis) et Aurélien Couloumy (Dylogy) décrivent un partage des tâches cohérent, que résume le tableau ci-dessous.

Tâche Ce que fait l’IA Ce que garde l’humain
Gérer les dossiers au quotidienGuillaume Santiago (Onlynnov), 12:02 Fluidifie les tâches de gestion Se recentre sur le conseil
Instruire un sinistre simpleFabrice Pesin (Alptis), 17:01 Cherche les justificatifs et contrôle la cohérence Relit et réinstruit rapidement
Analyser un traité de réassuranceAurélien Couloumy (Dylogy), 04:17 Lit le document et en extrait l’essentiel Exploite l’information et analyse le détail
Formaliser le devoir de conseilFabrice Pesin (Alptis), 09:59 Prépare la rédaction du document Choisit la préconisation et en assume la justification
Annoncer un sinistre graveFabrice Pesin (Alptis), 16:43 Prépare l’instruction du dossier Annonce et échange avec l’assuré
Donner un conseil personnaliséGuillaume Santiago (Onlynnov), 12:18 Reste peu utilisée, à cause des hallucinations Conseille et incarne la relation
En résumé : l’IA instruit et prépare, l’humain décide et conserve la relation.
Partage des tâches entre l’IA et l’humain dans l’assurance (émission Tech&Co sur BFM). Retrouvez sous chaque tâche le moment où il est évoqué dans la vidéo pour visionner l’extrait.

Pourquoi le conseil reste-t-il humain ?

Le conseil reste humain pour deux raisons : les modèles se trompent sur les sujets techniques, et les clients veulent parler à une personne. Guillaume Santiago les formule ainsi :

« Ce n’est pas sur la partie conseil qu’on va le plus utiliser les intelligences artificielles, à cause de ces problèmes d’hallucination, et à cause aussi de la nécessité pour nos clients de sentir qu’ils parlent à une personne, et que cette personne leur donne un conseil personnalisé et approprié. »

Guillaume Santiago, président et fondateur d’Onlynnov, BFM Business, 22 octobre 2026 (12:13)

La fiabilité est le premier frein : un modèle généraliste à qui l’on pose des questions techniques donne « des réponses assez aléatoires » (11:14). Guillaume Santiago le constate aussi dans les questions de clients qui ont consulté un modèle non spécialisé en assurance (11:30). Fabrice Pesin (Alptis) arrive à la même conclusion côté assurance : « chez nous, il y a toujours un humain qui valide à la fin » (15:44).

Peut-on assurer une entreprise qui développe ou utilise de l’IA ?

Oui. Pour Guillaume Santiago, président et fondateur d’Onlynnov, les risques couverts ont peu changé, et Onlynnov ne rencontre pas de difficulté particulière à assurer les entreprises qui intègrent l’IA à leurs produits. Ce qui évolue, c’est le nombre d’entreprises concernées et les questions des clients.

« Dans les risques qu’on couvre, ça n’a pas tellement changé, parce qu’on assure des IA depuis longtemps. Il y en a de plus en plus, donc c’est ça qui change. »

Guillaume Santiago, Onlynnov, BFM Business, Tech&Co Lyon (18:55)

Le risque lié à l’IA est-il comparable au risque cyber ?

Guillaume Santiago constate « une certaine confusion, entretenue par beaucoup de messages autour de l’assurabilité de l’IA » (19:05). Il note aussi que l’IA est souvent comparée au cyber. Or, rappelle-t-il, « le cyber, c’est criminel ; l’IA, ce n’est pas criminel, donc ce n’est pas du tout la même typologie de risque » (19:10).

Il l’illustre par une image : comparer les deux revient à comparer « une erreur d’un collaborateur avec un acte frauduleux interne d’un collaborateur » (19:17). Les IA font des erreurs, ajoute-t-il, comme les salariés (19:23).

Pour une entreprise tech, Onlynnov réunit responsabilité civile professionnelle et cyber dans Tech360 (RC Pro + Cyber).

L’IA crée-t-elle un risque nouveau ?

Guillaume Santiago évoque une « notion d’échelle qui peut être un risque nouveau » créé par les intelligences artificielles (19:28). On peut le comprendre ainsi : une IA peut reproduire une même erreur à une cadence qu’un salarié n’atteint pas.

Que se passe-t-il quand un agent IA agit hors du cadre prévu ?

Un agent IA qui agit hors du cadre prévu peut causer des dommages à l’entreprise qui l’utilise. Guillaume Santiago (Onlynnov) parle de « risque interne de la dérive de l’IA » (19:45) et estime que les contrats d’assurance doivent encore évoluer pour couvrir ce cas correctement (19:58).

« Vous êtes salarié lambda, vous créez un agent à qui vous demandez de faire du tri dans votre boîte mail, et il va effacer tous vos mails. »

Guillaume Santiago, Onlynnov, BFM Business, Tech&Co Lyon (19:52)

L’animateur Frédéric Simottel en tire la conséquence : le sujet concerne toute l’entreprise (20:06). Il ajoute que certains agents, sans garde-fous, vont chercher des informations auxquelles ils n’ont a priori pas le droit d’accéder (20:15).

Guillaume Santiago distingue ce risque de la responsabilité du fournisseur d’une solution d’IA. Selon lui, elle est correctement assurée dès lors que le fournisseur s’adresse à un assureur qui comprend son métier (20:21).

Nous présentons les garanties associées, dont la responsabilité civile professionnelle en cas de dommages causés par l’IA, dans notre page sur les risques de l’IA pour les entreprises.

Les IA se trompent-elles souvent ?

Cela dépend du modèle, et l’écart est large. Dans le test AA-Omniscience, repris par le rapport AI Index 2026 de l’université Stanford, la part de réponses inventées lorsqu’un modèle ne maîtrise pas le sujet va de 22 % à 94 % selon les modèles. Une réponse d’IA se vérifie donc avant d’être utilisée.

Guillaume Santiago (Onlynnov) cite dans l’émission l’écart de 22 % à 94 % relevé par l’université Stanford (11:44). Cet écart figure dans le rapport AI Index 2026 de Stanford HAI, l’institut d’intelligence artificielle centrée sur l’humain de l’université Stanford. Il y reprend AA-Omniscience, un test conçu par Artificial Analysis, société indépendante qui compare les modèles d’IA. Le rapport donne les deux extrêmes : 94 % pour gpt-oss-20B (high) et 22 % pour Grok 4.20 Beta 0305.

22 % à 94 %Part de réponses inventées quand un modèle ne maîtrise pas le sujet, selon le modèle testé

6 000 questionsPosées dans six domaines, dont le droit, la santé et les affaires, pour mesurer ce taux

362 incidentsLiés à l’IA recensés en 2025, un record selon le rapport Stanford HAI

Sources : Stanford HAI, AI Index 2026 (chapitre Responsible AI) ; Artificial Analysis, AA-Omniscience (novembre 2025).

Que mesure le taux d’hallucination ?

Artificial Analysis définit le taux d’hallucination comme la part de réponses fausses parmi les réponses non correctes, c’est-à-dire les erreurs et les abstentions. Il mesure donc la fréquence à laquelle un modèle devine quand il ne détient pas l’information, au lieu de reconnaître qu’il ne sait pas.

Ce taux ne dit pas combien de fois un modèle se trompe sur l’ensemble des questions : il porte sur celles qu’il ne réussit pas. Un modèle qui s’abstient plus souvent obtient un meilleur résultat qu’un modèle qui répond systématiquement.

Quel impact a le taux d’hallucination pour une entreprise tech ?

Selon le rapport AI Index 2026 de Stanford HAI, le taux d’hallucination, c’est-à-dire la part de réponses inventées quand un modèle ne maîtrise pas le sujet, varie de 22 % à 94 % selon les modèles testés. Le nombre d’incidents liés à l’IA atteint un record de 362 en 2025.

Pour une entreprise qui développe ou utilise de l’IA, l’enjeu est concret : choisir le modèle, mesurer ses erreurs et garder une validation humaine sur les sujets techniques. Nous avons publié notre analyse du rapport Stanford AI Index 2026.

Comment Onlynnov utilise-t-il l’IA au service de ses clients ?

Onlynnov utilise l’IA pour la gestion et a fait le choix de laisser l’expertise aux humains. Guillaume Santiago, son président et fondateur, en donne la raison : l’expertise est la base du service, et un courtier qui ne l’apporte pas ne fait pas son métier. Les équipes continuent donc de se former à l’assurance.

Que change l’IA dans le quotidien d’un courtier spécialisé ?

Pour Guillaume Santiago (Onlynnov), l’arrivée de l’IA générative et agentique a « à la fois rien et tout changé » dans le métier de courtier (06:18). Rien, parce qu’Onlynnov assure depuis longtemps des sociétés qui utilisent l’IA. Tout, parce que l’IA se retrouve « dans le quotidien de nos échanges », avec les clients comme avec les assureurs partenaires, et qu’il faut pouvoir y répondre (06:47).

Quelle place l’IA tient-elle dans les équipes d’Onlynnov ?

Guillaume Santiago (Onlynnov) distingue l’expertise de l’outil qui la porte :

« L’expertise, c’est la base de notre service. Donc si on ne l’apporte pas, c’est qu’on ne fait pas notre métier. Donc elle peut être apportée par un humain ou par une IA, mais elle doit être présente en tout cas. »

Guillaume Santiago, Onlynnov, BFM Business, Tech&Co Lyon (23:35)

Onlynnov a fait le choix de laisser l’expertise aux humains (23:45). Dans une équipe de 12 personnes, l’investissement porte sur « la formation à notre métier, à notre niche, à notre expertise » (24:08), et les outils d’IA aident les collaborateurs dans « l’efficacité opérationnelle de leur métier » (24:15).

Entretenir les fondamentaux est, selon lui, « essentiel pour l’avenir de notre profession » (24:31). Il en conclut qu’il faut continuer à recruter et à former de jeunes talents (24:36).

Vous développez ou utilisez de l’IA et souhaitez faire le point sur votre assurance ?

Questions fréquentes

L’IA va-t-elle remplacer les courtiers en assurance ?

L
K

Non, d’après deux invités de l’émission Tech&Co Lyon. Fabrice Pesin, président du groupe Alptis, croit aux courtiers de proximité et voit dans l’IA un appui qui allège la charge administrative du conseiller, pour lui permettre de « délivrer le plus beau des conseils » (26:01). Guillaume Santiago, président et fondateur d’Onlynnov, a fait le choix de laisser l’expertise aux humains (23:45).

Qu’est-ce qui convainc un assureur d’adopter une solution d’IA ?

L
K

Pour Aurélien Couloumy, cofondateur de Dylogy, éditeur d’une solution d’analyse documentaire destinée aux assureurs, deux leviers comptent. Le premier est une valeur démontrée, financière ou de service pour les clients de l’assureur, faute de quoi la technologie n’est qu’« un amusement scientifique » (21:23). Le second est la preuve que la solution fonctionne, par des mesures de qualité appliquées au domaine de l’assurance (21:30 et 22:35).

L’IA peut-elle absorber un afflux de dossiers, comme après une catastrophe naturelle ?

L
K

Aurélien Couloumy, cofondateur de Dylogy, le pense : ces approches ont selon lui « une capacité d’écrêtage, donc d’absorption » (13:19). Il cite les catastrophes naturelles, où un afflux massif de dossiers doit être traité rapidement, et voit dans l’IA un apport pour compenser « parfois l’impossibilité, en fait, de produire plus » (13:38).

L’IA va-t-elle changer la souscription d’un contrat d’assurance en ligne ?

L
K

Fabrice Pesin, président du groupe Alptis, anticipe une souscription en ligne ouverte à beaucoup plus de clients, sur une gamme plus large de produits, avec une assistance par IA qui rassure et explique des conditions générales de plusieurs dizaines de pages (24:47 à 25:32). Il ne croit pas pour autant à une assurance uniquement en ligne et maintient une place pour les courtiers de proximité (25:32). Onlynnov propose de son côté une souscription en ligne.

Où voir l’émission Tech&Co Lyon sur l’IA et l’assurance en intégralité ?

L
K

L’émission Tech&Co Lyon « Vers une assurance plus intelligente avec l’IA ? », diffusée le 22 octobre 2026 sur BFM Business, dure 27 minutes. Elle est disponible en intégralité sur YouTube, avec les interventions de Guillaume Santiago, Aurélien Couloumy et Fabrice Pesin.